Alors que le Mercredi des Cendres, célébré le 18 février 2026, a marqué l’entrée des fidèles catholiques dans quarante jours de désert spirituel, l’abbé Simplice Kané, curé de la paroisse Notre-Dame de la Délivrande de Ouahigouya, revient sur le sens profond du Carême. Dans une interview exclusive, qu’il nous a accordé le jeudi 19 février 2026, il explique les fondements bibliques de ce temps fort et indique comment transformer cette période de pénitence en un véritable chemin de joie vers la Résurrection.
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Par Wendpayangdé Marcelin KONVOLBO
Monsieur l’abbé, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis l’abbé Simplice Kané, curé de la paroisse Notre-Dame de la Délivrande Ouahigouya.
Depuis le 18 février, les fidèles catholiques sont entrés dans le temps du Carême. Quels en sont les fondements selon l’Église catholique ?
Il s’agit d’un cheminement spirituel de quarante jours marqué par le jeûne, la prière et la privation.
Le chiffre 40 a une forte portée symbolique dans la Bible. Jésus a jeûné quarante jours et quarante nuits au désert, où il fut tenté par le malin, afin de se préparer à sa mission. On retrouve également ce chiffre dans les quarante années de marche du peuple d’Israël au désert, un temps d’épreuves mais aussi de maturation et d’expérience de la fidélité de Dieu.
Le prophète Élie lui aussi a marché quarante jours avant de rencontrer le Seigneur sur la montagne. Ainsi, le nombre 40 renvoie à un temps de transformation intérieure, de maturation spirituelle et de consolidation de la foi. Pour le chrétien, le Carême est donc un temps de conversion et de renouveau à la suite du Christ.
Que recommande l’Église à ses fidèles durant cette période ?
L’Église propose traditionnellement trois piliers : la prière, l’aumône et la pénitence. D’abord la prière, qui doit être intensifiée durant ce temps. C’est une invitation à approfondir notre relation avec Dieu.
Ensuite l’aumône, car beaucoup de personnes sont dans le besoin. Le Carême est un moment favorable pour partager ce que nous avons et poser des actes concrets de solidarité.
Enfin la pénitence, qui consiste à accepter certaines privations et à offrir nos efforts au Seigneur. Il s’agit de demander la grâce de Dieu pour avancer sans que les épreuves ne nous éloignent de Lui, mais au contraire qu’elles nous rapprochent davantage de son amour.
Existe-t-il des horaires précis prescrits par l’Église pour le jeûne ?
Le jeûne, dans l’Église catholique, demeure avant tout une démarche personnelle. Il n’y a pas d’horaires strictement imposés pour tous. Chacun est appelé à vivre ce temps dans une véritable intimité avec le Seigneur.
Certaines personnes choisissent par exemple de prendre leur repas à 19 heures et d’attendre le lendemain à la même heure pour manger, se privant ainsi de nourriture pendant une journée entière. D’autres optent pour la suppression d’un repas, comme celui de midi, tout en conservant ceux du matin et du soir.
L’essentiel n’est pas l’aspect extérieur du jeûne, mais la conversion intérieure. Le Carême n’est pas une contrainte imposée sans compréhension ; il doit être vécu librement et avec conviction.
Nous parlons de Carême parce qu’il nous conduit à la Résurrection. Nous nous préparons à la fête de Pâques. Un Carême sans perspective de Résurrection perdrait son sens. Il s’agit d’un chemin vers la victoire du Christ sur le péché et la mort. Ainsi, le chrétien est appelé à vivre ce temps dans la joie et l’espérance, et non dans la tristesse ou le stress.
Quel message souhaitez-vous adresser aux fidèles catholiques ?
Je remercie votre média de relayer ce message. Le Carême est un temps privilégié que Dieu nous offre pour nous laisser toucher par sa voix et nous convertir.
J’invite tous les chrétiens, où qu’ils se trouvent, à accueillir la Parole de Dieu entendue quotidiennement, notamment à la messe, et à se laisser transformer par elle. Que ce temps de Carême soit pour chacun une occasion de renouvellement spirituel, pour la gloire de Dieu et la joie de la Résurrection.
