Ouagadougou / Conflit de voisinage : « Il veut me forcer à lui vendre ma cour que j’ai acquise depuis 1985 », désarroi de Irissa Kaboré, habitant de Tampouy
Propriétaire d’une cour acquise depuis 1985, Irissa Kaboré, habitant du quartier Tampouy à Ouagadougou, affirme subir des pressions répétées de la part d’un voisin désireux d’acheter son terrain. Entre intimidations, dégradations et promesses non tenues, le quinquagénaire, aujourd’hui malade et sans ressources, lance un SOS aux autorités.
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Irissa Kaboré peine à retenir ses larmes lorsqu’il voulait s’adresser à nous. « Il veut me forcer à lui vendre ma cour que j’ai acquise depuis 1985 », lâche-t-il d’une voix tremblante. Père de trois enfants, il raconte qu’il vivait paisiblement à Tampouy jusqu’à ce qu’un de ses voisins lui fasse, il y a une dizaine d’années, une proposition d’achat de sa parcelle. « J’ai refusé catégoriquement, car cette cour est le fruit de toute ma vie. Depuis ce jour, il mène contre moi des actions pour me pousser à céder », confie-t-il. D’abord anodines, les tensions ont fini par se transformer en un véritable cauchemar. D’après Irissa Kaboré, la situation a pris une tournure dramatique cette année, avec la saison pluvieuse. Son voisin aurait implanté un forage et entrepris la construction d’un bâtiment R+3 dans sa propre cour. Une initiative qui, selon lui, a bouleversé l’équilibre du terrain. « Les travaux ont endommagé la toiture de ma maison. L’eau s’infiltre partout et ma cour s’est transformée en mare. Comme l’eau ne circule plus, tout stagne. J’ai dû quitter ma maison pour m’installer chez la grande famille malgré mon âge », explique-t-il, visiblement accablé. Il se souvient encore de la promesse de dédommagement que son voisin en question lui aurait faite après les dégâts. « Il m’avait assuré qu’il allait réparer les préjudices. Mais depuis, rien n’a été fait. La promesse est restée lettre morte », ajoute-t-il, le regard vide.
Constat sur le terrain
Le jeudi 9 octobre 2025, nous nous sommes rendu sur les lieux pour vérifier les faits. Le constat est sans appel. La cour de Irissa, envahie par les herbes, porte les marques laissées par les pluies récentes : flaques, traces d’érosion et sol détrempé. En arrière-plan, un immeuble R+3 se dresse, contrastant fortement avec la modeste habitation du plaignant. Selon plusieurs riverains rencontrés, les travaux de construction auraient effectivement modifié l’écoulement naturel des eaux, aggravant les inondations dans la cour du vieux Kaboré.

Un cri du cœur pour la justice
Aujourd’hui, Irissa Kaboré dit n’attendre qu’une seule chose : que les autorités compétentes se saisissent de son cas. « Je ne cherche pas à me venger. Je veux juste que justice soit rendue. Que mes droits soient respectés », plaide-t-il. Très affaibli par cette situation qu’il qualifie de « guerre silencieuse », il confie avoir choisi la voie de la presse pour se faire entendre. « Je veux parler dans vos colonnes pour que, même après ma mort, il ne vienne pas flatter mes enfants avec son argent pour prendre la cour que j’ai gardée avec peine pour eux », conclut-il en soupirant et nettoyant ses larmes.
En attendant une éventuelle intervention, le vieux Kaboré continue d’espérer, avec foi, mais surtout avec larmes, que justice lui sera enfin rendue.
