0-0x0-0-0-{}-0-0#
Le secteur n°1 de Komki-Ipala, commune rurale située à une trentaine de kilomètres de Ouagadougou, fait face à une pénurie d’eau chronique, particulièrement en saison sèche. Un manque qui menace la survie du jardin maraîcher du groupement féminin Nongtaaba, véritable poumon économique et social pour les femmes du village. Le 4 octobre 2025, nous nous sommes rendu sur place pour mesurer l’ampleur du problème et écouter leurs doléances. Reportage !
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!
Le jardin du groupement Nongtaaba offre un spectacle saisissant. En effet, des rangées de choux, d’aubergines, de salades et de tomates s’étendent à perte de vue sur près de deux hectares et demi. Entre les planches verdoyantes, s’élèvent aussi des goyaviers, papayers et bananiers. Ce petit havre de verdure, entretenu avec ardeur par plus d’une vingtaine de femmes, cache pourtant une réalité bien plus dure qui est le manque d’eau.
« Sans eau, nos cultures meurent et nos revenus disparaissent », confie d’une voix lasse Salamata Kaboré, présidente du groupement. Faute d’infrastructures adaptées, ces femmes doivent partager le seul forage du secteur, situé au milieu des champs, avec l’ensemble du village. L’eau, déjà rare, ne suffit ni aux ménages ni aux activités maraîchères. Des horaires stricts ont donc été instaurés. De 4 heures à 13 heures, les femmes arrosent tour à tour leurs cultures, avant de céder la place aux habitants qui s’approvisionnent jusqu’à 18 heures. Puis, les jardinières reprennent la relève jusqu’à une heure du matin.
Mais le problème ne s’arrête pas là, car le forage tombe régulièrement en panne. Les contributions de 5 000 F CFA par femme et 1 000 F CFA par ménage, servent à financer les réparations, mais s’avèrent souvent insuffisantes selon les explications des femmes. « Quand le forage est en panne, nous utilisons les deux puits à proximité, (ndlr : nous avons constaté la présence des puits) mais ils s’assèchent dès janvier », déplore Salamata Kaboré.

À soixante ans passés, Zoénabo Kabré, membre du groupement, raconte ses difficultés : « J’ai du mal à tirer de l’eau pour mes cultures. On se bat pour remplir nos bidons, et les plus jeunes passent avant nous. Pourtant, nos belles-filles comptent sur ce jardin pour aider nos fils et nourrir les enfants ». Même son de cloche chez Ilboudo Awa, qui lance un appel vibrant : « L’homme peut supporter la faim, mais pas la soif. Si on avait un château d’eau, tout le monde pourrait travailler dans de meilleures conditions ».
Un poumon économique et social à sauver
Depuis près de vingt ans, le groupement Nongtaaba fait vivre des dizaines de familles grâce à la vente de légumes et de soumbala, avons-nous appris sur place. Mais sans eau, leur travail acharné risque de se dessécher, comme leurs cultures sous le soleil. D’où leur cri de cœur : « l’installation d’un nouveau forage ou d’un château d’eau pour rendre à leur terre toute sa promesse ». Au moment de quitter le village, le soleil déclinait doucement sur Komki-Ipala. Dans la lumière orangée du soir, les femmes continuaient de puiser l’eau, les mains calleuses, mais le regard déterminé. Leur combat pour l’eau n’est pas seulement une lutte pour leurs cultures. C’est une bataille pour la vie, pour la dignité et pour la survie de tout le village.
