Au cœur de nos villes, les marchés et yaars ne sont pas seulement des lieux de commerce : ils sont le pouls économique et social du Burkina Faso. Chaque jour, des milliers de citoyens s’y rendent pour y vendre, acheter, ou tout simplement échanger. Pourtant, derrière l’agitation et la vitalité de ces espaces se cachent parfois des risques considérables pour la sécurité, la santé publique et l’ordre social. C’est dans ce contexte que le Ministère de la Sécurité a lancé, le 18 novembre 2025, l’opération « Ladéli » à Ouagadougou, avant de l’étendre le lendemain à Bobo-Dioulasso. Une initiative qui mérite toute notre attention, tant elle traduit la volonté de l’État de protéger ses citoyens et de restaurer l’autorité dans des lieux essentiels à la vie économique du pays. Le choix du nom n’est pas anodin. « Ladéli », qui signifie en dioula « éduquer, sensibiliser, redresser », illustre parfaitement l’ambition de cette opération : ce n’est pas seulement une démarche répressive, mais un programme global visant à corriger les pratiques à risque tout en sensibilisant les commerçants et usagers aux obligations légales et sécuritaires. Cette double approche, sanctionner les infractions tout en inculquant des comportements responsables, est ce qui distingue une action de simple contrôle d’une véritable politique publique de sécurisation et de salubrité. Les chiffres et les actions menées à Ouagadougou donnent un aperçu concret de la portée de cette initiative. Quantités importantes de produits prohibés ou impropres à la consommation ont été saisies, et plusieurs suspects interpellés. Derrière ces opérations, c’est la sécurité sanitaire des populations qui est directement préservée. Dans un contexte où des substances dangereuses, des produits de contrebande ou même des explosifs peuvent circuler librement, ces interventions deviennent vitales. Elles ne se limitent pas à protéger l’économie formelle ou les commerçants honnêtes : elles visent aussi à réduire les risques de financement de groupes terroristes, en coupant les circuits illicites qui alimentent l’insécurité.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Mais « Ladéli » ne se contente pas de réprimer. Le volet éducatif et de sensibilisation qui l’accompagne est fondamental. Les commerçants et clients sont rappelés à leurs responsabilités en matière de sécurité et de salubrité. Il s’agit de les inciter à adopter des pratiques responsables qui bénéficient à l’ensemble de la communauté. Cette approche participative est la clé pour transformer l’ordre public en habitude quotidienne. Lorsqu’un commerçant comprend l’importance de vendre des produits conformes aux normes sanitaires ou lorsqu’un usager prend conscience des risques liés à la consommation de produits dangereux, l’effet est durable et dépasse largement le cadre de l’opération ponctuelle.
L’extension de l’opération à Bobo-Dioulasso le 19 novembre 2025 confirme la volonté de l’État de ne pas se limiter à la capitale politique. La capitale économique, avec son grand marché, est tout aussi stratégique pour le commerce national et la vie des citoyens. En investissant ces lieux, les Forces de défense et de sécurité démontrent leur engagement à protéger l’ensemble du territoire urbain et à instaurer un ordre durable. Cette généralisation de l’opération traduit une vision à long terme : l’État entend faire en sorte que chaque marché, chaque yaaré, devienne un espace sûr, discipliné et conforme aux exigences de l’autorité publique.
Il est également important de saluer le professionnalisme dont ont fait preuve les Forces de défense et de sécurité. Le Ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a lui-même félicité les hommes et femmes mobilisés pour la réussite de l’opération, qui s’est déroulée sans incident notable. Cela envoie un message fort : il est possible de mener des actions musclées tout en respectant les citoyens et en garantissant leur sécurité. C’est ce juste équilibre qui fait la crédibilité d’une action étatique et la confiance que les populations peuvent placer dans leurs institutions.
Toutefois, « Ladéli » ne doit pas rester un épisode ponctuel. Pour que ses effets soient pérennes, il faudra une continuité dans la surveillance, la sensibilisation et la réglementation. Les autorités locales, les associations de commerçants et les citoyens eux-mêmes doivent être impliqués pour que chaque marché devienne un espace exemplaire, où sécurité, salubrité et discipline sont la norme et non l’exception.
En fin de compte, l’opération « Ladéli » n’est pas seulement une intervention policière ou sécuritaire. Elle est un symbole fort de l’État qui reprend ses responsabilités, qui protège ses citoyens et qui agit pour le bien commun. Elle rappelle à tous que la sécurité, la santé et l’ordre public ne sont pas des luxes, mais des droits essentiels. Et dans un contexte où la menace terroriste et les circuits de contrebande restent préoccupants, cette initiative est un pas concret vers des villes plus sûres, des marchés plus sains et un Burkina Faso où l’autorité de l’État retrouve toute sa légitimité.
La rédaction
