Le Fonds Spécial Routier du Burkina (FSR-B), sous l’égide du ministère des Infrastructures et du Désenclavement, a organisé ce mardi 1er juillet 2025 une conférence de presse sur le site du nouveau poste de péage de Boudtenga, sur la RN4 reliant Ouagadougou à Fada N’Gourma. À l’ordre du jour : la présentation du décret actualisé sur la gestion des péages et l’annonce de l’ouverture imminente de cet ouvrage stratégique, vitrine du savoir-faire burkinabè.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Conçu, réalisé et désormais finalisé par des ingénieurs et entreprises burkinabè, comme l’a souligné Nacoulma Ousmane, directeur général du Cabinet d’études et de maîtrise d’œuvre (CAEM), le poste de péage de Boudtenga s’inscrit dans un vaste programme de modernisation des infrastructures nationales. Lancé en février 2021 et officiellement baptisé en septembre de la même année à Kotédougou, ce projet cible sept sites prioritaires dont Boudtenga est l’un des piliers.
Financé à hauteur de 15,5 milliards F CFA par le FSR-B, le site s’étend sur 12 hectares et comprend 13 voies dédiées aux véhicules légers, poids lourds et convois exceptionnels. Selon Théodore Ouédraogo, directeur général du FSR-B, les péages ont généré plus de 9 milliards F CFA en 2023, dépassant largement l’objectif initial fixé à 8 milliards. Grâce à des mécanismes rigoureux de contrôle interne et d’audit, ainsi qu’à la validation systématique des dépenses par un contrôleur de gestion, le fonds garantit une transparence irréprochable dans l’exécution des projets. Le nouveau décret encadrant la gestion des péages introduit un système triphasé de paiement : en espèces pour les usagers classiques, par voie électronique (carte bancaire, mobile money, QR code), et par abonnement via cartes magnétiques ou macarons pour les utilisateurs réguliers. Ce dispositif, combiné à des technologies automatisées et à des caméras intelligentes de reconnaissance d’immatriculation, devrait fluidifier la circulation, réduire la fraude et renforcer la sécurité.
Le poste de Boudtenga dispose également d’une autonomie énergétique grâce à un triple approvisionnement : le réseau national (SONABEL), des panneaux solaires et un groupe électrogène. L’aménagement inclut un passage supérieur sur la RN4 et des pistes cyclables de chaque côté, le tout piloté sous la supervision du ministre des Infrastructures, Adama Luc Sorgho. Ollo Franck Hervé Kansie, DG de l’Agetib, a supervisé en juillet 2024 les ultimes ajustements techniques, prélude aux essais à blanc. Malgré les contraintes liées à la pandémie de Covid-19, à la situation sécuritaire dans le Sahel et à certains aléas contractuels, l’ouvrage a été mené à terme, constituant une véritable fierté nationale. « Ce chantier pensé, conçu et exécuté par des compétences locales témoigne de notre capacité à réaliser de grandes infrastructures », a insisté Nacoulma Ousmane.
En attendant l’ouverture officielle prévue dans les prochaines semaines, Théodore Ouédraogo a exhorté les usagers à la patience et au respect strict des consignes, gage de sécurité et de performance économique. Avec le poste de péage moderne de Boudtenga, le Burkina Faso entre dans une nouvelle ère : optimiser les recettes, fluidifier le trafic, lutter contre la fraude, tout en mettant en lumière le génie burkinabè.
