En Afrique, le mariage représente un événement sacré qui lie deux familles, à travers l’union de deux personnes. Les mécanismes de la cérémonie de mariage varient selon les régions, les nations ou les groupes ethniques. Au Burkina Faso comme ailleurs, la dot est un symbole d’honneur et de reconnaissance de la famille du marié envers celle de la mariée. Elle peut être composée d’argent, de bijoux, de pagnes, de bétail, de la cola…
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Dans les traditions africaines, le mariage est une union entre deux familles et non de deux individus uniquement. C’est pourquoi il y a des démarches à suivre par la famille du marié, afin d’obtenir la main de la fille. Une cérémonie est organisée pour l’occasion. La famille de la mariée reçoit celle du marié avec la dot. Elle demeure une tradition cruciale dans plusieurs communautés. Cependant, la cérémonie de remise de dot diffère légèrement d’un pays à l’autre. Au Burkina Faso, la dot est appelée « pougpousoum » chez les Mossis, ce qui signifie salutation de la femme. Le garçon vient avec deux oncles chez la belle-famille. Ces derniers prennent la parole pour annoncer la raison de leur visite. Ainsi, ils donnent le nom de la fille en question et ses parents l’interpellent afin de savoir si elle est au courant de leur venue. Suite à ce processus, les oncles du garçon partent voir le neveu de la fille, qui leur dresse la liste des besoins. Généralement, ce sont deux sacs de sel, de la cola et du soumbala.
Appelée « lofou » chez les Samos, la dot se faisait entre ethnies. La jeune fille était déjà destinée à un homme dès l’âge de 5 ans. Dès lors, la belle-famille devait participer à toutes les activités qui auront lieu chez la fille. Elle devait également apporter sa contribution dans les travaux champêtres et soutenir la fille en cas de besoin. Cette phase continue jusqu’à ce que la jeune fille soit en âge de se marier. La cérémonie officielle a lieu le jour du marché qui se tient tous les six jours, où la femme est habillée avec des habits ornés de cauris. La mariée était accompagnée au marché et présentée à tout le monde. À partir de ce moment, la femme peut rejoindre son mari.
Chez les Bissas, la dot n’existe pas en tant que telle. Elle est appelée « louwognèrè ». La jeune fille peut avoir 5 à 6 prétendants. Chaque prétendant doit cultiver dans le champ de la belle-famille. La fille organise une soirée avec celui qu’elle a choisi. Elle reste trois à quatre jours chez ce dernier. Puis, la famille du garçon revient avec du sel et de la cola pour demander la main de la fille.
Au Kenya, dans la communauté Agikuyu, la cérémonie de la dot est appelée « Ruracio » et « Lobola » en Afrique du Sud. En Gambie, lorsqu’un homme désirait épouser une fille, il devait envoyer une noix de cola en guise de salutations et de déclaration de sa demande. Si elle est acceptée, les personnes qui représentent la famille de l’homme rencontrent celle de la jeune fille. Ils décident de la dot, suivie de la date du cassage de la noix de cola. La noix de cola est ensuite partagée entre les membres de la famille et les anciens. D’autres communautés africaines incluent cette pratique dans les traditions de mariage, notamment le Nigeria, le Ghana, la Sierra Leone, le Libéria…
Bien qu’elle soit mal vue par les Occidentaux, la dot est une manière pour le mari de prouver qu’il peut correctement subvenir aux besoins de sa femme. Elle est également un symbole d’honneur et de respect envers la belle-famille.
