Avec 81 dossiers de candidatures enregistrés, dont 26 indépendants, la présidentielle camerounaise prévue le 12 octobre 2025 bat tous les records depuis l’instauration du multipartisme en 1990. Cette effervescence politique, inédite dans l’histoire électorale du pays, ouvre une période de tri juridique sensible, où la régularité du processus dépendra de la rigueur des instances en charge.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Par Wendpayangdé Marcelin KONVOLBO
La présidentielle camerounaise du 12 octobre 2025 s’annonce comme un tournant politique majeur. À la clôture des dépôts de candidatures, fixée au lundi 21 juillet à minuit, l’organe électoral Elections Cameroon (Elecam) a enregistré pas moins de 81 dossiers, dont 26 indépendants. Un chiffre sans précédent depuis l’ouverture démocratique de 1990, qui témoigne à la fois d’un regain de participation politique et d’un morcellement des ambitions. Parmi les prétendants à la magistrature suprême, figurent des leaders politiques bien connus, mais aussi une myriade de figures issues de la société civile. Toutefois, cette multiplication des candidatures pose un véritable défi institutionnel. En effet, plusieurs partis ont investi plus d’un candidat, ce qui contrevient aux dispositions du Code électoral, qui n’autorise qu’une seule candidature par formation politique.
Le Conseil électoral a désormais la lourde tâche d’examiner la conformité des dossiers. Il dispose de 60 jours avant le scrutin pour publier la liste provisoire des candidats, qui sera ensuite soumise au Conseil constitutionnel. Ce dernier interviendra en cas de contentieux : les candidats dont les dossiers seront rejetés auront deux jours pour introduire un recours, auquel le Conseil devra répondre sous dix jours.
En 2011, sur 52 dossiers déposés, seuls 23 avaient été validés. Au vu du nombre record de prétendants cette année, le filtre juridique sera déterminant pour garantir la transparence et la crédibilité du scrutin. L’issue de ce processus de sélection, à la fois technique et politique, sera donc scrutée de près, dans un contexte où la confiance dans les institutions électorales reste un enjeu majeur.
