Le 26 juillet 2025, Elections Cameroon (Elecam) a publié la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle du 12 octobre prochain. Sur les 84 dossiers déposés, seuls 13 ont été retenus, dont celui du président sortant Paul Biya. L’absence de Maurice Kamto parmi les candidats qualifiés ravive les tensions, sur fond de risques de soulèvements populaires.
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Le président du Conseil électoral d’Elecam, Enow Abraham Egbe, a rendu publique la liste des 13 candidats autorisés à participer à la présidentielle d’octobre 2025, à l’issue d’un processus ayant débuté avec la convocation du corps électoral le 11 juillet dernier. Sur les 84 candidatures déposées, seuls treize prétendants ont été retenus.
Sans grande surprise, Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, figure parmi les candidats validés. Il sera notamment opposé à d’anciens alliés devenus adversaires politiques : Bello Bouba Maïgari de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP) et Issa Tchiroma Bakari du Front national pour le salut du Cameroun (FNSC). Ces deux anciens ministres, récemment démissionnaires, dénoncent l’« impossibilité de rencontrer leur allié » Paul Biya et estiment que « le pays n’est plus dirigé par lui ». Le scrutin verra également la participation de figures historiques de l’opposition comme Joshua Osih, représentant du Social Democratic Front (SDF), dans la lignée du défunt Ni John Fru Ndi. Autre héritière en lice : Patricia Hermine Tamaino, veuve d’Adamou Ndam Njoya, qui portera les couleurs de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), fondée par son défunt mari.
Polémiques et exclusions : Kamto recalé, Libii confirmé
Deux cas ont particulièrement retenu l’attention : ceux de Cabral Libii et Maurice Kamto. Le premier, président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), a vu sa légitimité contestée par le fondateur du parti, Robert Kona. Malgré plusieurs recours judiciaires, la justice a systématiquement confirmé la position de Cabral Libii, validant ainsi sa candidature. En revanche, Maurice Kamto, candidat malheureux de 2018, n’a pas pu franchir la barrière légale. N’ayant pas participé aux élections locales de 2020, son parti, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), ne dispose d’aucun élu local, condition pourtant indispensable pour se présenter à la présidentielle. Kamto avait tenté de se présenter sous la bannière du Manidem, dirigé par Anicet Ekane, mais cette manœuvre a été désavouée par le comité directeur du parti qui a préféré investir un autre candidat. Résultat : la candidature de Kamto a été invalidée.
Un climat politique sous haute tension
L’invalidation de la candidature de Maurice Kamto a provoqué la colère de ses partisans, qui ont multiplié les appels à la mobilisation. Les services de sécurité nationaux et internationaux, y compris ceux des Nations unies, sont en état d’alerte, redoutant des troubles à l’approche du scrutin. Des agences de notation comme Fitch Ratings, Moody’s, ainsi que le FMI, ont déjà exprimé leurs inquiétudes quant aux conséquences économiques d’éventuelles manifestations post-électorales.
Les candidats recalés ont désormais la possibilité de contester la décision d’Elecam devant le Conseil constitutionnel, seule instance habilitée à trancher en dernier ressort, dans un délai de dix jours après sa saisine.
