L’Assemblée nationale française a adopté à l’unanimité, lundi, un projet de loi autorisant la restitution du tambour parleur Djidji Ayôkwé à la Côte d’Ivoire. Spolié en 1916 par l’armée coloniale, cet objet emblématique rejoindra bientôt le musée des Civilisations d’Abidjan, marquant une étape majeure dans la politique de réparation patrimoniale engagée par Paris.
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Par Wendpayangdé Marcelin KONVOLBO
Lors d’une séance tenue lundi, les députés français ont approuvé, par 111 voix pour et aucune contre, le projet de loi permettant la restitution du tambour parleur Djidji Ayôkwé à la Côte d’Ivoire. Cette décision s’inscrit dans la dynamique impulsée par le président Emmanuel Macron pour refonder les relations entre la France et l’Afrique, conformément aux engagements pris lors de son discours à Ouagadougou en 2017.
La ministre française de la Culture, Rachida Dati, a salué la collaboration entre son ministère, le Quai d’Orsay, ainsi que les équipes du musée du Quai Branly-Jacques Chirac et du musée des Civilisations de Côte d’Ivoire, qui ont œuvré de concert pour concrétiser ce processus. Elle a précisé que la restitution se déroulait en deux temps : un dépôt préalable signé en novembre dernier avec son homologue ivoirienne, suivi du transfert définitif rendu possible par une loi dérogatoire au principe d’inaliénabilité des collections publiques, adoptée au Sénat puis à l’Assemblée.
Rachida Dati a par ailleurs annoncé la présentation prochaine d’un projet de loi-cadre sur la restitution des biens culturels acquis de façon illicite, attendu avant la fin du mois de juillet et qui sera débattu au Parlement dès septembre.
En Côte d’Ivoire, la nouvelle a été accueillie avec enthousiasme. La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a exprimé sa joie en publiant un sobre « Unanimité Djidji Ayôkwé » sur sa page Facebook. Son ministère a souligné, dans un communiqué, que le retour de ce tambour constitue « une cause nationale, un moment de fierté collective et un symbole de cohésion sociale ». Un comité national d’organisation placé sous la présidence du Premier ministre Robert Beugré Mambé orchestrera les festivités entourant cet événement.
La restitution du Djidji Ayôkwé intervient alors que la Côte d’Ivoire ambitionne de rapatrier d’autres œuvres emblématiques, dans le cadre de la future loi-cadre française, dans une démarche « responsable et participative », fidèle à la vision culturelle du président Alassane Ouattara.
Saisi par les troupes coloniales en 1916, expédié à Paris en 1929, le tambour Djidji Ayôkwé — long de trois mètres et pesant 430 kilos — servait autrefois à transmettre des messages rituels et à alerter les populations, notamment lors des campagnes de recrutement forcé. Restauré en 2022, il attend désormais son retour au musée des Civilisations d’Abidjan, dont la réouverture prochaine est soutenue par la France.
