Le gouvernement burkinabè a conduit, sous la présidence du Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, une évaluation à mi-parcours des contrats d’objectifs des membres de l’Exécutif pour l’année 2025. Cette revue semestrielle, qui s’inscrit dans une dynamique de reddition des comptes et d’optimisation de l’action publique, met en lumière des performances contrastées selon les ministères.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Par Wendpayangdé Marcelin KONVOLBO
Le ministère de la Défense nationale, dirigé par le Général de brigade Célestin Simporé, affiche une amélioration de la couverture territoriale avec un taux d’occupation de 72,70 %, contre 70,89 % fin 2024. Toutefois, le taux global d’exécution des activités reste limité à 36,62 %, plusieurs actions majeures étant programmées pour le second semestre.
Le département de l’Action humanitaire, sous la houlette de Pélagie Kabré/Kaboré, se distingue avec un taux d’exécution de 66,53 %, porté par une assistance significative à des personnes déplacées ou retournées, ainsi que par des programmes de résilience et d’autonomisation.Selon son point 1 060 000 PDI ont regagné leurs villages à ce jour.
Le ministère du Commerce, dirigé par Serge Gnaniodem Poda, enregistre un taux de mise en œuvre de 60,85 %, en dépassement des prévisions. Ce résultat est attribué à la relance de certaines unités industrielles telles que BRAFASO et MINOFA, ainsi qu’à la lutte contre les pratiques commerciales illicites.
Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme (58,72 %) et celui de la Sécurité (58,18 %) présentent également des bilans jugés satisfaisants, respectivement marqués par la relance des industries culturelles, la promotion d’une communication stratégique et la sécurisation du territoire.
Le département de l’Agriculture et des Ressources animales et halieutiques affiche un taux d’exécution de 56,63 %, tandis que le ministère de la Fonction publique se situe à 51,83 %, grâce à la dématérialisation des concours et la mise en œuvre de réformes structurelles.
Le ministère de la Transition digitale obtient un taux de 53 %, porté par l’extension des infrastructures numériques et l’introduction de la signature électronique.
Le ministère de la Santé, avec une performance de 46,74 %, reste en deçà de l’objectif fixé (50 %), malgré des progrès en matière de prise en charge de la malnutrition infantile et de couverture vaccinale.
Le ministère de l’Enseignement de base, dirigé par Jacques Sosthène DINGARA, se positionne en tête avec un taux d’exécution de 62,15 %, boosté par un taux de réussite record au CEP (89,68 %) et des réformes valorisant le Faso danfani, les langues nationales et les valeurs endogènes.
Il est suivi par le ministère de l’Enseignement supérieur, conduit par le Pr Adjima Thiombiano, qui atteint 55,35 %, grâce à la normalisation des années académiques, la spécialisation des universités et l’introduction de modules de civisme.
Le ministère de l’Économie et des Finances, sous la direction du Dr Aboubakar Nacanabo, obtient 54,10 %. Ce score traduit des avancées notables en matière de digitalisation des services et de mobilisation de ressources, notamment plus de 1 500 milliards de FCFA, dont 101 milliards destinés au Fonds de soutien patriotique.
Le ministère des Infrastructures, avec 50,36 %, a achevé plusieurs chantiers majeurs, bien que ralenti par des contraintes budgétaires.
Le ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, dirigé par Roland Somda, obtient 50,05 %, grâce à l’insertion professionnelle de 10 000 jeunes, le financement de plus de 1 000 projets et de bons résultats sportifs.
Le ministère des Mines et de l’Énergie, dirigé par Yacouba Gouba, enregistre 49,15 %, malgré l’augmentation de la capacité énergétique et la collecte de plus de 20 tonnes d’or issues de l’orpaillage.
Le ministère de l’Environnement, dirigé par Roger Baro, atteint 47,04 %, avec des avancées en reboisement, accès à l’eau potable et assainissement, mais reste confronté à des difficultés dans l’application de la loi interdisant les sachets plastiques.
Le ministère de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, dirigé par Dr Boubacar Savadogo, ferme la marche avec un taux d’exécution de 46,83 %. Toutefois, il revendique plusieurs acquis majeurs, dont l’organisation réussie des examens nationaux grâce au logiciel SIGEC, l’introduction de modules de civisme et l’instauration d’une immersion patriotique obligatoire d’un mois pour les nouveaux bacheliers, dès le 11 août. Ces derniers seront accueillis dans des établissements d’enseignement pour être sensibilisés au patriotisme, à la souveraineté, aux enjeux géopolitiques et à la citoyenneté. Autre initiative importante : la lutte contre l’inadéquation formation-emploi. Le ministère a mis en place un dispositif de reconversion pour les étudiants issus de filières peu porteuses, avec l’élaboration d’un répertoire de plus de 1 000 métiers, en collaboration avec d’autres ministères.
En clôturant les travaux, le Premier ministre a salué les efforts consentis, tout en appelant à plus de rigueur et d’efficacité. « Il ne s’agit pas de célébrer des chiffres, mais d’évaluer l’impact réel des actions sur la vie des Burkinabè », a-t-il martelé, en exhortant les membres du gouvernement à accélérer la mise en œuvre des réformes.
Il a également réaffirmé l’engagement de l’Exécutif à traduire en actes concrets les orientations du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, pour une amélioration palpable des conditions de vie des citoyens. L’évaluation finale des contrats d’objectifs est prévue pour la fin de l’année. Il est à noter que trois ministres, en mission à l’étranger, n’ont pas pu être évalués lors de cette session.
