Dakar, 26 novembre 2025 –À l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, les étudiants en Master ont décrété une grève illimitée pour dénoncer le non-paiement de leurs bourses depuis plusieurs mois. Malgré des discussions avec les autorités, aucun compromis n’a été trouvé. Le campus est paralysé et la tension reste vive.
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Par Wendlasida Epinock GUIROU ( Correspond au Sénégal)
Depuis le 17 novembre, les étudiants en Master de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) observent une grève pour protester contre le retard prolongé dans le paiement de leurs bourses. Selon certains étudiants, ces retards atteindraient jusqu’à treize mois, plongeant de nombreux apprenants dans une situation financière critique. Dès les premiers jours de mobilisation, des rassemblements ont eu lieu sur le campus pour exiger la régularisation immédiate des allocations. Initialement pacifique, le mouvement a rapidement pris une tournure tendue. Des jets de pierres ont été signalés du côté de certains manifestants, provoquant une intervention des Forces de défense et de sécurité (FDS), qui ont fait usage de gaz lacrymogènes. La circulation autour de l’université a été fortement perturbée, contraignant plusieurs étudiants à se réfugier dans des salles et résidences universitaires. « Sans bourse, poursuivre nos études devient presque impossible », témoigne un étudiant en Master, présent à la manifestation. Au moment du déclenchement de la grève, aucune date de paiement n’avait été communiquée par les autorités, accentuant le sentiment d’abandon et la détermination des étudiants à maintenir la pression.
Dans un communiqué publié le 25 novembre 2025, le Collectif des Amicales de l’UCAD a affirmé que la crise est désormais appelée à durer. Après 72 heures de grève, une rencontre a eu lieu entre le Collectif, le ministre de l’Enseignement supérieur, les autorités du COUD et la Direction des bourses. Cette réunion n’a cependant débouché sur aucun accord. Selon le communiqué, les autorités auraient proposé le versement de 115 000 FCFA en décembre et de 400 000 FCFA en février, avec une suspension des paiements mensuels dans l’intervalle. Une proposition rejetée par le Collectif, qui la juge « injuste et inacceptable », rappelant que le paiement intégral et immédiat des rappels constitue un droit.
Le Collectif a ainsi fixé une ligne rouge : aucune reprise des cours ne sera envisagée sans le règlement complet et sans condition de l’ensemble des arriérés. Estimant que le ministre a atteint ses limites, les étudiants interpellent directement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que le Premier ministre, Ousmane Sonko, afin qu’ils interviennent pour désamorcer la crise. Le communiqué annonce la cessation totale de toutes les activités socio-pédagogiques sur le campus fédéral. Les grèves entamées le 17 novembre se transforment désormais en grève illimitée, paralysant cours, examens, travaux dirigés et activités associatives. Pour le Collectif, « un acquis ne se supprime pas. Il se maintient ou il s’améliore ». Les étudiants affirment ne réclamer que ce qui leur revient de droit. En l’absence d’une solution rapide, le risque d’un blocage durable de l’UCAD reste élevé, tandis que le climat social demeure tendu au sein de la plus grande université du Sénégal.
