Les cultures africaines accordent une grande importance à la descendance des individus. Ainsi, le choix du prénom du nouveau-né est un acte fort, rempli de significations. Dans la plupart des sociétés, cet acte s’accompagne de rites et rituels particuliers. La nomination de l’enfant, est une preuve de la reconnaissance de l’existence de celui-ci. Une transmission s’élabore donc entre celui qui donne le prénom et celui qui le portera.
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Dans une vision du monde où la fécondité et le besoin de se perpétuer sont si forts pour l’individu aussi bien que pour le lignage, il n’est pas étonnant de voir l’enfant prendre une importance centrale et être attendu avec avidité. En effet, il est le meilleur gage du retour du cycle qui relie les vivants et les morts, la vie des humains à celle des esprits et de la nature. Un enfant qui vient au monde est considéré comme un être venant du monde invisible qu’il faudrait découvrir et humaniser. Une investigation concernant l’origine ontologique de ce dernier est nécessaire. Un prénom est alors choisi pour ce dernier afin de l’inscrire dans le monde des humains et de le protéger, en tenant compte des modalités culturelles requises par son groupe d’appartenance. Pour de nombreux peuples de l’Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal, en Gambie, en Mauritanie, au Mali, l’attribution et la divulgation du prénom de l’enfant ont lieu seulement après sa naissance et d’une manière précise. Chez les Soninké, plusieurs prénoms sont donnés à l’enfant. Il s’agit du prénom usuel, celui de l’ordre de naissance et un autre en lien avec les conditions de naissance. Ainsi, d’une famille à une autre, la personne à qui revient le choix du prénom est variable. Dans certaines familles, cette tâche appartient aux deux époux, tandis que dans d’autres familles chacun des deux parents donne un prénom à l’enfant. Qu’il soit choisi par le père, la mère ou les deux parents, le prénom est souvent celui d’un membre de la famille ou d’un proche décédé ou vivant.
Transmission des prénoms des aînés aux nouveau-né.
Ce prénom témoigne du respect, de l’affection vis-à-vis de la personne choisie, et également d’une volonté de transmettre les qualificatifs de l’homonyme à l’enfant. Les aînés portent souvent les prénoms des grands-parents, ce qui peut donner lieu à des surnoms préférentiels tels que, papa ou maman, afin d’éviter d’une part de prononcer le prénom de ses parents par respect. Au Ghana, au Togo et au Bénin, le prénom de l’enfant dépend de son jour de naissance. Chaque jour de la semaine correspond à un prénom masculin et féminin. En plus du prénom traditionnel, l’enfant peut aussi avoir un second prénom plus personnel et parfois même un troisième, issu du calendrier catholique. Au Burkina Faso, lorsque la naissance d’un enfant suit le décès d’un autre, il est généralement nommé “Kida” qui signifie” il va mourir”, “Jinaku” qui veut dire “né pour mourir”, ou “Kenudi”, c’est-à-dire “chose morte”. Ces prénoms sont donnés à l’enfant, dans le but de conjurer le sort en apaisant le destin.
