Les habitants de Mobèga et environants en action sur le tronçon Mobèga-Soalga
Les 15 et 18 septembre 2025, les habitants de Mobèga, Hamidin, Soalga et des villages environnants, dans la commune rurale de Kando, province de Kouritenga, région du Nakambé, se sont mobilisés pour sauver l’axe routier Kodomwendé-Kando, endommagé par les pluies. Pendant deux jours, près d’une centaine de volontaires, hommes et femmes, ont uni leur force pour combler un large trou qui paralysait la circulation et menaçait la desserte locale. Cette action communautaire ravive leur cri de cœur pour la réhabilitation du barrage de Mobèga, laissé à l’abandon depuis 2023 et dont la relance est jugée vitale pour l’avenir du terroir.
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Par Wendpayangdé Marcelin KONVOLBO
L’initiative, fruit de la solidarité villageoise, a permis de « panser la plaie » de cette route, notamment le tronçon Mobèga–Soalga. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice : du matériel, de la main-d’œuvre, mais aussi des contributions financières. Un geste d’intérêt général qui illustre la détermination de ces communautés à trouver elles-mêmes des solutions à leurs difficultés quotidiennes. Toutefois, il faut noter que ce n’est pas la première fois que les populations de cette zone se mobilisent pour améliorer leurs conditions de vie. Selon les témoignages, le 29 juillet 2024, elles avaient entrepris l’installation de lampadaires au CSPS de Mobèga, afin de renforcer la sécurité et l’accès aux soins la nuit. En avril 2025, elles ont construit un hangar pour le même centre de santé, afin d’offrir de l’ombre et du confort aux usagers. Le 31 août 2025, elles se sont encore illustrées à travers une journée de sensibilisation sur l’éducation à l’école de Mobèga. À cette occasion, un kit de fournitures scolaires a été offert aux élèves, un kit de vivres distribué aux personnes déplacées internes (PDI), et une opération de reboisement a permis la plantation d’arbres dans l’enceinte de l’école, au CSPS et au marché.

Ces réalisations sont le fruit d’un leadership collectif, notamment grâce à l’implication des ressortissants vivant à Ouagadougou, qui n’hésitent pas à fédérer énergies et moyens pour le développement de leur terroir.
Le cri du cœur pour le barrage de Mobèga
Malgré ces efforts, une préoccupation majeure demeure : l’abandon du barrage de Mobèga, cédé depuis juillet 2023 et laissé sans réhabilitation. Selon les habitants, cette situation a eu de lourdes conséquences socio-économiques. Jean Kyagbé, l’un des fils de la localité, explique que l’absence d’eau a contraint de nombreux jeunes à quitter le village, en quête de meilleures opportunités ailleurs, laissant derrière eux un déficit de main-d’œuvre agricole. La réparation de ce barrage, estiment-ils, redonnera espoir aux villages riverains. Elle permettra non seulement de relancer les activités agricoles et pastorales, mais aussi de freiner l’exode rural qui fragilise la dynamique communautaire.

En se mobilisant une nouvelle fois pour sauver leur route, la population de Mobèga, démontre une volonté sans faille de bâtir elles-mêmes leur avenir. Mais, elles rappellent que leurs initiatives, aussi courageuses soient-elles, ne peuvent remplacer l’action structurante de l’État et des collectivités. « Nous faisons notre part, mais nous appelons de tous nos vœux les autorités à intervenir pour sauver le barrage de Mobèga », insistent-elles d’une voix unanime.
