Hivernage au Burkina : prévenir les inondations, un devoir citoyen
Chaque année, la saison des pluies s’accompagne de son lot de dégâts matériels, de pertes en vies humaines et de sinistrés. Alors que les prévisions météorologiques annoncent des pluies abondantes pour l’hivernage 2025 au Burkina Faso, il devient urgent que chaque citoyen adopte des comportements responsables afin de limiter les risques d’inondations. Au-delà des efforts du gouvernement, la lutte contre les inondations est une affaire collective qui commence par des gestes simples, mais essentiels.
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En Afrique de l’Ouest, la saison pluvieuse est souvent synonyme d’inondations récurrentes, causant des dégâts considérables et parfois même des pertes humaines. Le Burkina Faso n’échappe pas à cette réalité. Chaque année, les pluies diluviennes engendrent de nombreuses situations de détresse. À l’approche de l’hivernage 2025, les Burkinabè sont appelés à adopter des mesures de prévention, pour ne plus subir la pluie mais en tirer profit. Le mardi 6 mai dernier, lors d’un atelier national organisé par l’Agence nationale de la météorologie, la Secrétaire générale adjointe du ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Alice Kiswendsida Ouédraogo, a rappelé que le pays fait face à une variabilité climatique accrue. Cette situation fragilise les ressources naturelles, menace la sécurité alimentaire et favorise l’apparition de phénomènes extrêmes comme les inondations et les sécheresses. Elle a donc appelé à une mobilisation générale et à une meilleure préparation collective, en misant sur la résilience. Le gouvernement multiplie chaque année les campagnes de sensibilisation pour prévenir les inondations, promouvoir l’autosuffisance alimentaire et lutter contre les maladies liées à la saison des pluies, telles que le paludisme. Pourtant, malgré les nombreuses expériences douloureuses des années passées, certains citoyens continuent d’adopter des comportements inciviques, comme le dépôt d’ordures dans les caniveaux.
Pour y faire face, les autorités ont instauré les travaux d’intérêt commun, contraignant les personnes sanctionnées pour incivisme à effectuer des tâches telles que le curage des caniveaux ou le ramassage des déchets. Cette mesure vise à mettre fin à l’anarchie urbaine et à instaurer une discipline collective. Malgré cela, de nombreux efforts restent à fournir. Sur le terrain, des progrès sont perceptibles. Des initiatives sont prises dans plusieurs ministères, notamment ceux en charge des infrastructures, de l’eau et des ressources animales. Cependant, des études récentes ont révélé que certaines infrastructures hydrauliques sont particulièrement vulnérables. C’est notamment le cas des bassins du Mouhoun, du Nakambé, de la Comoé et du Niger, dont les capacités de rétention sont jugées insuffisantes. Par ailleurs, plusieurs barrages dans les zones rurales, mal entretenus ou obstrués par le sable, représentent un danger réel en cas de fortes précipitations. Dans la ville de Ouagadougou, de nombreux caniveaux restent obstrués par des déchets, mettant en danger les habitations voisines. Or, les services météorologiques annoncent des pluies particulièrement abondantes pour cette saison. Les populations vivant dans des zones à risque sont donc invitées à prendre toutes les précautions nécessaires.
Il convient de saluer les initiatives citoyennes, telles que les journées de salubrité organisées dans certains quartiers pour nettoyer les caniveaux et assainir l’environnement. Ces actions, bien que modestes, contribuent à prévenir les risques de maladies et d’inondations. Dans les sites d’orpaillage, la sensibilisation doit être renforcée pour éviter les éboulements meurtriers. Les souvenirs des inondations passées, notamment à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, restent encore vifs. Routes coupées, ponts submergés, habitations et écoles effondrées, récoltes perdues : les conséquences des pluies extrêmes sont désastreuses. Les agents de la RTB2 dans les Hauts-Bassins se souviendront longtemps de cette pluie torrentielle qui a failli emporter leur centre de production. Face à de telles menaces, chaque Burkinabè doit prendre ses responsabilités. Comme le dit un proverbe moaga : « Quand on te lave le dos, sache aussi laver ton visage. » Autrement dit, si l’État fait sa part, chaque citoyen doit également faire la sienne.
